Au Mackyland, force reste à la volonté et aux désirs du président-roi.

Les nuages d’espoir qui s’étaient emparés de tout le Sénégal suite à l’élection de président Macky Sall se sont vite dissipés après seulement quatre ans de pouvoir. Pour le président le mieux élu de l’histoire du Sénégal, avec 65% des suffrages valablement exprimés, le grand amour devrait encore perdurer au-delà même d’une décennie. Certainement, nous avions épousé un exagéré espoir que la déception fut très grande. Malherbe n’avait-il pas bien raison de considérer, à juste titre, que nous vivons dans un monde où les plus belles choses ont le pire destin. Cependant, qui pouvait nous en vouloir ? Personne, car ce fut un espoir légitime nourri à l’adresse d’un président né après les indépendances et, qui plus est, devrait revêtir toutes les couleurs sous lesquelles l’on pouvait imaginer l’homme moderne : un homme de son temps.

Malheureusement, les actes qu’il n’a de cesse de poser s’implantent dans une funeste pente glissante au point de nous révéler, tous les jours, que notre président élu démocratiquement est habité de visions et de pratiques autoritarismes, voire royalistes. Hanna Arendt avait bien raison de prévenir l’humanité de la force du totalitarisme dans l’esprit des dirigeants plébiscités. Le pouvoir étatique est, sans nul doute, de trop grand calibre pour un président de la République qui ne pensait pas être plus qu’un président d’un Conseil d’administration ou directeur général d’une agence de l’État. Tout cela à cause d’un Abdoulaye Wade qui, en plus d’avoir sorti de terre des milliardaires d’antan pauvres comme des poux, nous a conduits à porter notre choix sur le moins mauvais de tous les candidats aux élections présidentielles de 2012. Moins mauvais ? Bien évidemment ! J’ai bien pesé mes mots, car à regarder Tanor, et les autres sbires que je n’ai pas envie de nommer, force est de constater que nous risquions de tomber dans les bras de démons sans scrupule et avides de pouvoir.  En revanche, permettez-moi de me référer à quelques faits qui, à coup, participeraient à corroborer mes propos. Sous le régime de Macky Sall.

Décret contre décret

Les fonctionnaires véreux, les fossoyeurs et les prébendiers sont gracieusement récompensés, tandis que ceux qui sont d’une probité candide irréprochable et qui se battent pour l’intérêt général demeurent réduits au silence, mis au frigo ou tout simplement révoqués de la fonction publique. Comme l’atteste l’histoire de deux fonctionnaires de l’administration sénégalaise, le régime de Macky Sall est enclin à promouvoir la tortuosité et à punir l’éthique et la morale. Le premier, M. El Hadji  Seck Ndiaye Wade avait été épinglé pour fraude passive par l’OFNAC alors qu’il était directeur des transports routiers. Après avoir été inculpé et placé sous mandat de dépôt, il a été extirpé de prison grâce à la liberté provisoire, car étant un responsable politique de l’APR, avant d’être nommé PCA du Fond d’entretien routier du Sénégal par décret présidentiel numéro 2016-985 du 13 juillet 2016. Le second, M. Ousmane Sonko, Président du parti PASTEF/Les Patriotes, a, lui, été révoqué de ses fonctions d’inspecteur principal des impôts par décret présidentiel numéro 22016- 1239 du 29 août 2016 pour, disent-ils, manquement à l’obligation de discrétion professionnelle. À ce jour, personne n’a encore apporté les preuves afférentes à ce manquement. Malencontreusement, le ministre de la Fonction publique s’y était essayé en nous expliquant qu’” on ne peut pas admettre qu’un fonctionnaire s’attaque de manière très virulente au chef de l’État”.  Quelle hypocrisie étatique !

Il est établi à la lecture de cette histoire que  la gouvernance sobre et vertueuse qu’on nous avait promise est devenue une gouvernance sombre et vertueuse – au sens Virtù chez Nicolas Machiavel et qui renvoie à la force de la volonté humaine en tant qu’elle tente de s’imposer et de s’adapter au caractère imprévisible et changeant des événements extérieurs, le hasard constituant la fortune.

Humiliation de la magistrature !

Les magistrats ont toujours représenté l’autorité  aux yeux des Sénégalais. Ils ont toujours inspiré respect et admiration et ont toujours été traités avec égard sous tous les régimes précédents celui du président-roi Macky Sall.  Nous nous rappelons tous la manière  plus qu’inélégante, voire même insultante, dont le ministre Moustapha Diop avait agi pour renvoyer les magistrats de la cour des comptes venus, conformément à leurs prérogatives, s’acquitter de leur digne tâche de contrôleurs. L’indignation était générale dans la conscience de tous les patriotes à l’exception de ceux appartenant au camp du président. Ils avaient malhonnêtement minimisé cette affaire et réconforté le ministre dans son forfait. Et, que dire aussi du limogeage du procureur de la Crei qui, en pleine audience, avait reçu le décret signé de son limogeage, lequel avait déjà fait le tour des radios et télévisions avant qu’il ne lui soit notifié. Lâcheté ou méchanceté d’un régime ? Je mets, volontiers, cela dans le compte de la médiocrité et l’insouciance de nos actuels dirigeants. La gestion d’un État ne s’improvise point; elle s’apprend et se pratique dans les règles de l’art de gérer la cité. Dommage ! Notre pays semble avoir affaire à d’incompétents parvenus au pouvoir. Pourtant, ce grand pays qu’est le Sénégal mérite beaucoup plus que cela vu notre histoire et notre trajectoire démocratique et républicaine. Qu’on se le tienne pour dit, son excellence le président Macky Sall a déjà annoncé les couleurs en s’attaquant aux fondements mêmes de notre société démocratique pour y instaurer un État autoritaire et médiocratique. Qu’il sache, cependant, qu’il s’est trompé de pays et d’époque, car la résistance lui sera apportée : une résistance aussi farouche et déterminée que sa volonté d’être notre prochain JIMBORY. Le Sénégal a une grande histoire de résistance patriotique.  Le réveil de Macky JIMBORY Sall sera brutal et inconfortable.

 

Auteur: Amath Diouf

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