DIALOGUE NATIONAL AUTOUR DU PROCESSUS ELECTORAL L’OPPOSITION RECUSE ABDOULAYE DAOUDA DIALLO

La question d’un « Monsieur Elections » neutre a été au centre des concertations nationales qui ont été entamées hier, jeudi 09 juin, entre le pouvoir et l’opposition. Le ministre de l’Intérieur qui présidait la rencontre en a eu pour ses frais.

Pour cause, des partis de l’opposition sont montés au créneau pour réclamer le départ d’Abdoulaye Daouda Diallo de la tête de l’organisation des élections au Sénégal. Lors de la cérémonie de lancement du dialogue politique autour du processus électoral, Déthié Fall, le vice-président de Rewmi, Mamadou Diop Decroix, le leader d’And-Jëf/Pads, et le Pr Amsatou Sow Sidibé, présidente de Car/Leneen, ont tous récusé le ministre Diallo comme « Monsieur Elections » au Sénégal.

Entre le ministre de l’Intérieur, Abdoulaye Daouda Diallo, et les partis d’opposition, le divorce est vraiment consommé. Les responsables des partis d’opposition ne faiblissent en effet pas dans leur revendication pour le départ du ministre et responsable apériste de la tête de l’organisation des élections. Venu prendre part à la cérémonie de lancement des concertations autour du processus électoral hier, jeudi 9 juin, des responsables de partis d’opposition ont vivement contesté le ministre de l’Intérieur. “Monsieur le ministre de l’Intérieur, vous n’êtes ni indiqué ni apte à organiser une élection au Sénégal. Nous restons toujours sur nos principes. Vous êtes membre de l’Apr, donc vous n’êtes pas neutre. De deux, vous avez convoqué à 10 h et vous êtes arrivé à 10 h 30. En tout cas, Rewmi ne bougera pas d’un iota (de sa position) », fustige Déthié Fall, le vice-président de Rewmi dont le parti avait boycotté la cérémonie de lancement du dialogue au Palais de la République, le 28 mai dernier.

“Il n’est pas indiqué pour organiser des élections dans ce pays pour la bonne et simple raison que toutes les productions d’un processus électoral fiable et transparent, ont abouti au choix de personnalités neutres pour l’organisation des élections en 2000 avec un Général de l’Armée, en 2011 avec un Inspecteur d’État”, insiste Dethié Fall devant les journalistes. Avant de poursuivre : “La dernière consultation (référendum) a montré des manquements extraordinaires. Nous avons noté au niveau de l’étranger le passage de 613 bureaux de vote à 1213 bureaux de vote, ce qui est inexplicable et laisse entrevoir qu’il y a eu des fraudes massives et que des bureaux sont fictifs. Les manquements sont aussi allés jusqu’au nombre d’inscrits dans certaines localités où ce nombre dépasse celui des habitants. Nous avons aussi assisté à des achats de conscience. Donc, la première proposition qu’on attendait, c’était son départ à la tête du ministre de l’Intérieur ou tout au moins l’organisation des élections par une personnalité indépendante».

Abondant dans le même sens, Mamadou Diop Decroix a estimé pour sa part qu’Abdoulaye Daouda Diallo a raté l’occasion de convaincre l’opposition lors du référendum. “Le référendum nous a montré que le processus n’est pas fiable et crédible. Si le pouvoir continue à nous imposer sa façon de faire, nous continuerons à récuser le ministre de l’Intérieur. Nous proposons une autorité indépendante pour organiser les élections. Cette discussion qui doit se terminer en fin décembre ne doit pas être modérée par le ministre de l’Intérieur. Il faut une personnalité acceptée par le pouvoir comme par l’opposition pour aller à des discussions sérieuses”.

Confortant cette position de ses prédécesseurs, le Pr Amsatou Sow Sidibé déclarera : “Il nous faudrait la personnalité indépendante qui puisse nous assurer des élections transparentes et impartiales. Ce que nous avons vu pendant le référendum avec des bulletins tout à fait clairs pour un camp et tout à fait sombres pour un autre camp, je crois que cela ne relève pas de l’impartialité, encore moins de la transparence. Il faudrait donc qu’on réfléchisse sur qui va organiser ces élections. Et nous optons pour une personnalité indépendante pour organiser les élections qui font parti des droits politiques et citoyens. C’est d’une importance capitale, donc nous devons faire le maximum pour que cela se passe au mieux”.

DIALOGUE POLITIQUE ET/OU NATIONAL : Le ministre de l’Intérieur décline la feuille de route

Le lancement officiel du dialogue politique a permis au ministre de l’Intérieur de décliner les thématiques qui feront l’objet des échanges dont le démarrage des travaux est arrêté pour le mardi 14 juin prochain. La cérémonie d’hier, jeudi 9 juin 2016, s’est effectuée en présence de la plupart des partis légalement constitués.

Même ceux qui avaient boycotté (comme Rewmi et Bokk Gis Gis) la cérémonie de lancement du dialogue national au Palais de la République, le 28 mai dernier, ont répondu présent à cette rencontre qui a duré près de cinq tours d’horloge. Pour les thématiques qui devraient faire l’objet de discussions entre les acteurs dans le cadre de ce dialogue, le ministre Abdoulaye Daouda Diallo a indiqué qu’elles vont tourner autour de cinq points plus les contributions apportées par certains des 100 orateurs qui ont pris la parole, lors de ce lancement le 28 mai dernier. Il s’agit notamment de : la participation des candidats indépendants aux élections, la refonte du fichier électoral, la fusion de la carte nationale d’identité avec la carte d’électeur, la question des députés de la diaspora et les modalités de la participation des militaires et paramilitaires au vote le même jour que les autres électeurs civils.

A ces points, s’ajoutent les recommandations de la Cena qui, selon Abdoulaye Daouda Diallo, doivent nécessairement être pris en compte lors des échanges mais aussi, la question de la caution lors des élections locales, le mode d’élections des députés, des conseillers départementaux et communaux, le mode d’organisation du référendum, question absente dans le code électoral. Mais aussi la question de la parité, du bulletin unique. Ainsi, pour un bon déroulement de ces discussions, le ministre de l’Intérieur a annoncé des rencontres entres les différentes formations qui se réclament d’un même pôle pour désigner ensemble leur représentants à ces concertations qui dureront jusqu’à la fin de l’année. Ces rencontres se teindront le lundi prochain à partir de dix heures.

Revenant sur le nombre de participants à cette rencontre, le ministre de l’Intérieur qui a estimé à 50 le nombre de plénipotentiaires a indiqué que les partis politiques seront divisés en trois pôles: majorité, opposition et non aligné. Selon lui, chacun des trois pôles sera représenté par dix plénipotentiaires et le reste réparti entre la société civile (4), la Cena (03)et un membre pour la Cnra, l’Observatoire national de la parité et la Direction de l’automatisation du fichier (Daf). De son coté, le président de la b Commission électorale nationale autonome (Cena) a exprimé son souhait de voir les acteurs politiques s’accorder sur l’essentiel lors des discussions sur le processus électoral.
sudonline

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