Les raisons pour lesquelles l’Etat doit retirer Bamba Ndiaye s.a de la rénovation et de l’extension du building administratif

Dakarmidi – qui a entamé des fouilles profondes sur les nébuleuses inédites qui assiègent de façon tragique et permanente, la réfection et l’extension du building administratif, revient ici sur la deuxième partie de son grand dossier consacré à cet immeuble de l’Etat hautement stratégique… 

Tenez-vous bien, le building est contaminé à l’amiante à plus de 9 fibres par litre d’air. Les tenues que portent les ouvriers qui assurent les travaux ne sont pas conformes face au degré de contamination. Ils sont alors sérieusement exposés aux maladies respiratoires parce qu’ils ne disposent pas de masques à micro filtre. Les procédures de calfeutrement non plus n’ont pas été respectées. La liste est loin d’être exhaustive….

Depuis que dakarmidi a produit l’article (partie 1) sur la rénovation et l’extension du dit Building, les avis des uns et des autres fusent de partout, sur l’épineuse question des fonds que l’Etat a injectés dans ce chantier. Nous nous sommes appuyés sur des dates, des numéros, des correspondances et des avis techniques pour étaler un constat à la fois amère et désolant. Nous avons tenté de joindre le comité de pilotage en vain, au niveau du ministère des infrastructures, les techniciens affirment que le marché  n’est pas de leur ressort, d’aucuns même avancent que tout est négocié en haut lieu.

Aussi, serait-il bon de préciser qu’il ny a eu en aucune manière de l’acharnement de la part de Dakarmidi, contre la société bénéficiaire du marché. Mais en revanche, nous ne comprenons pas non plus, pourquoi il a été envoyé au charbon et pourquoi n’a-t-il pas flairé en homme d’affaires aguerri, le trou dans lequel il est enfoncé. Tout le monde est impressionné par la maquette et par ce que va devenir le bâtiment une fois livré. Hors, cet aspect esthétique ne devrait pas l’emporter sur la refondation de la structure proprement dite.

– Le niveau de contamination à l’amiante  du bâtiment….

Les normes internationales définissent le seuil d’amiante minimum autorisé ou toléré à 5 fibres d’amiante par litre d’air, au Sénégal, il peut aller jusqu’à 6 fibres par litre d’air. Il est diagnostiqué que celui du Building administratif dépasse de loin ce minima, d’où la corrosion massive des fers métalliques, socle de ce bâtiment, qui date d’avant l’indépendance. En réalité, aucun expert dans ce domaine n’a été contacté pour désamianter le bâtiment avant que le cahier de charge ne soit exécuté. Selon les experts qui ont analysé le gravats qui leur est parvenu et par voie de microscopie optique, le niveau de contamination de l’amiante du Building est à  11 fibres par liquide d’air (au rez-de-chaussée, à 8,5 fibres par liquide d’air du 1er niveau au 5ème. Et à partir du 5ème, le niveau de contamination de l’amiante est très élevé et atteindrait même les 12 fibres par liquide d’air.

Ainsi, un médecin consulté a indiqué que les cas de maux de tête, de courbatures et de myopie étaient fréquents chez ceux qui travaillaient au sein du bâtiment, non sans préciser que ce n’était que des symptômes passagers comparés aux autres risques qui pourraient faire surface après des décennies. Les rapports fournis par ce même médecin, démontrent que l’inhalation de fibres d’amiante est extrêmement dangereuse, ces effets peuvent se manifester jusqu’à 40 ans après le début de l’exposition, y compris après le départ à la retraite des agents. Les fibres d’amiante sont responsables de pathologies graves qui peuvent survenir selon  la durée ou l’intensité de l’exposition.

Quel est le sort que l’amiante réserve aux  ouvriers en charge de la réfection du bâtiment?

Premier constat, ils sont exposés et inhalent à grandes quantités cette amiante sans s’en rendre compte. Ce sont des pères de familles qui sont entrés dans l’histoire du Sénégal, car faisant partie de ceux qui ont donné un coup de pioche à ce bijou national. Mais leur santé elle, ne repose évidemment sur aucun type d’assurance, ni garantie. Pis, ils ne sont pas préparés aux risques qu’ils encourent. En travaillant sur ce bâtiment, ils sont aussi exposés à de graves maladies que peuvent provoquer la contamination et la pollution, et même ceux qui passent fréquemment devant le Building ne sont pas épargnés. Face à tout cela, l’Etat doit sévir et contraindre B.N – S.A à commander des tenues anti contaminables au contact de l’amiante et des masques à micro filtre qui absorberaient les bactéries et les réduirait à l’inaction.

L’entreprise en charge de la réfection et de l’extension du building a pris très à la légère ces fondamentaux et s’est aventurée à seulement présenter une maquette qui sort de l’ordinaire dans la vue d’ensemble, mais qui regorge beaucoup d’incongruité. L’urgence de la procédure d’attribution du marché a conduit cette même société à ne faire aucune étude de faisabilité, aucune prospection sur les dépenses à faire et sur les avenants. Comparons le nouveau siège  futuriste de la SONATEL sis sur la VDN, bâtit sur une superficie de 7542m2 qui a couté clé à main, 5 milliards au Building dont la réfection et l’extension vont avoir un cout global de plus de 40 milliards. C’est dire sans se tromper que la société BN-SA a abusé de la confiance des autorités de l’Etat.  Que s’est-il réellement passé pour qu’un marché aussi stratégique fasse l’objet d’un bazar.

La SONATEL sur fond propre, n’a dépensé que 5 milliards pour construire sur son site trois immeubles de six étages, huit étages et un parking en sous-sol d’une capacité de 350 véhicules. Il est bien de rappeler que ces bâtiments sont de types éco responsables selon la démarche dite HQE (haute qualité environnementale). Elle aura donc respecté tous les principes de construction durable. Les nouvelles technologies ont également permis à ces bâtiments d’être des fleurons de la capitale. L’espace construit sur le site du building administratif est de 2700 m2, le montant utilisé (plus de 40 milliards) pourrait alors servir à construire 24 immeubles du même type que ceux que la SONATEL a érigés sur la VDN, N’est-il pas temps que le Président de la République en personne se saisisse de ce dossier rendu complexe par des avenants qui n’ont guère figuré ni dans les cahiers de charges ni dans les clauses que les rapports techniques ont produits.

La suite dans la partie 3 de ce dossier

La Rédaction

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